Lille : les frondes de l'anarchiste contre la répression de l'État

Publié le par Mailgorn Gouez

Lille :
les frondes de l'anarchiste
contre la répression de l'État



 

Présence policière importante, hier après-midi, aux abords du palais de justice. Pourtant, aucun dangereux criminel n'est annoncé. Mais la septième chambre correctionnelle juge un jeune homme, qui a été intercepté lors d'une manifestation libertaire avec tout l'attirail nécessaire pour canarder la police. Détail : il a également été interpellé lors des émeutes ayant gravement émaillé le sommet de Strasbourg.





 

Samedi 23 mai à Lille. Des anarchistes et sympathisants manifestent contre la répression de l'État (*). Au pied de la porte de Paris, place Simon-Vollant, la présence d'un sac noir alerte l'attention des policiers. Un périmètre de sécurité est mis en place en attendant l'arrivée des démineurs. Sur ce fait, un grand jeune homme tout de noir vêtu se pointe et ramasse le sac d'un air détaché. Contrôle. La fouille du sac permet la découverte de deux frondes, d'une cagoule de motard, de gants et de sérum physiologique (très utile en cas de lacrymogène). « Tout l'attirail du parfait manifestant », note la présidente Reliquet.

 
Julien L., 24 ans, qui n'a pas franchement le profil du délinquant chevronné - il est étudiant en gestion de l'environnement -, explique qu'il s'agit d'une méprise. « Les frondes, ce sont des jouets en vente libre. » Intervention ironique de la procureure Hoflack. « C'est ça.





Bientôt il va nous dire qu'il joue à Thierry la Fronde. » On n'en est pas loin. « Avec ma copine, on tire sur les canards », explique en effet, sans rire, le prévenu. « C'est effrayant, sourit la présidente, on aurait pu aussi le poursuivre pour cruauté sur animal. » « Vous pouvez également ajouter pour chasse interdite », plaisante à son tour la procureure.





Trêve de rire, Nourith Reliquet pose la seule vraie question qui fâche : « C'était pour tirer sur les policiers, n'est-ce pas ? » Julien L. opine négativement du chef. Excepté peut-être ses amis, il n'y a personne pour le croire. Malgré tout le talent et la ruse de son avocat, Me Antoine Berthe, qui soulève finement plusieurs nullités de procédure, le jugement tombe : six mois avec sursis. De quoi calmer les esprits frondeurs...



FRÉDÉRICK LECLUYSE

> (*) 28 manifestants ont été interpellés puis libérés après quelques heurts et dégradations.


Source : La Voix du Nord



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Publié dans Vent Libertaire 29

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