Les Etats unis mettent leur poids pour empêcher une victoire de l'opposition

Publié le par Mailgorn Gouez

Les Etats unis
mettent leur poids pour empêcher une victoire de l'opposition 

 

 

Leila Mazboudi   
 
 
 
06/06/2009 Cela ne s'était jamais vu . La super puissance américaine, entièrement, voire directement impliquée, dans les législatives de ce petit pays qu'est le Liban.
Ayant été bien plus discrète en 2005, cette ingérence s'impose de plus en plus insolemment. Outre celle flagrante et au quotidien de l'ambassadrice américaine au Liban, Michèle Sasson, elle a atteint son apogée avec la visite en personne du vice-président américain, Joseph Biden pour le Liban, il y a un mois de cela, et sa rencontre, qui n'était pas prévue, avec les dirigeants des forces de 14 mars. Elle s'est poursuivie avec d'autres responsables américains, tout au long de la campagne.
 
À moins d'un jour du scrutin, c'est le vice-secrétaire d'état Jeffrey Feltman, qui est monté au créneau, alors que les candidats libanais au parlement sont priés depuis vendredi minuit de s'abstenir de toute déclaration liée à l'échéance électorale.
 
Par le biais du  quotidien libanais arabophone an-Nahar,  il a réitéré le langage de dramatisation avec lequel son administration a harcelé les Libanais  durant toute la campagne électorale libanaise. Celui de prétendre que le Liban risque d'être isolé sur la scène internationale en cas de victoire de l'opposition: " il est naïf de croire comme le font certains que la victoire de l'opposition n'aura pas de conséquences sur le comportement des Etats Unis et de la Communauté internationale avec le Liban, et sur l'ampleur des assistantes du Pentagone pour le Liban" a-t-il déclaré au journal.
 
En effet, les dirigeants de l'opposition, dont entre autre le vice-secrétaire général du Hezbollah Cheikh Naïm Kassem avait déclaré antérieurement avoir obtenu des garanties de la part de responsables occidentaux leur assurant que les résultats du scrutin ne dissuaderont pas les Occidentaux de poursuivre leurs relations avec le Liban. Des représentants de la Banque international ont également fait part d'une position similaire après une rencontre avec des experts économiques proches du Hezbollah.
 
Deuxième arme utilisée par Feltman est celui d'exacerber les appréhensions des minorités chrétiennes dans la région, signalant que son pays leur accordent toujours un traitement de faveur. Dans une réponse indirecte au chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoune, il indique:" certains hommes politiques libanais prétendent que les Chrétiens libanais ne devraient plus dépendre des Etats Unis; j'espère que les Libanais devraient écouter avec précision ce que le président Obama a dit, lorsqu'il fait allusion à la plus grande communauté chrétienne du Liban, c'est-à-dire les Maronites, lorsqu'il a insisté sur la nécessité de respecter tous les peuples de la région, dont entre autre les minorités, c'est un message que j'espère que le peuple libanais va prendre au sérieux". Invitant les Libanais à prendre en considération que " la violence et l'extrémisme ne réaliseront pas (la paix à laquelle Obama) s'est dit attachée lorsqu'ils iront aux urnes".
 
Cette fanfaronnade américaine est relayée d'outre-mer par des sénateurs  qui évoquent subtilement une troisième arme pour influer sur le choix des électeurs libanais, notamment les indécis d'entre eux, celle de d'une suspension de l'aide américaine financière pour le Liban. Selon le chef de la commission du congrès pour les affaires étrangères, le démocrate Howard Birman : " ces dernières années, le Congrès américain a soutenu la souveraineté du Liban, ses aspirations démocratiques et ses institutions légitimes en lui offrant entre autre une aide financière". Et de signaler: "J'espère que les résultats du prochain scrutin permettront à cette opération démocratique de se poursuivre ainsi qu'à la prospérité ".
 
Bien entendu, au Liban,  pas question que l'ambassade des Etats Unis à Awkar reste les bras croisés.   Selon le quotidien al-Akhbar, un groupe de travail a été désigné pour procéder à un suivi des plus minutieux du déroulement du scrutin.
Le journal craint même que sa mission ne consiste à entraver  la victoire de l'opposition libanaise, si toutes "ces armes de dissuasion" s'avèrent en fin de compte inutiles.
 
La suite : http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=88930&language=fr

 


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Publié dans Vent Libertaire 29

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