Internet filtré et "écouté"

Publié le par Mailgorn Gouez

Internet filtré et "écouté"


 
Après Hadopi, c’est au tour de la Loppsi, une nouvelle loi sur la sécurité intérieure, de mettre en danger les libertés individuelles.

 


Une nouvelle raison de trembler derrière son ordinateur ? Quelque peu éclipsée par l’omniprésente Hadopi, la Loppsi est l’autre projet du gouvernement qui touche – entre autres domaines – au contrôle des nouvelles technologies. Derrière cet acronyme barbare se cache la “loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure”, qui prend la suite de la Lopsi (même chose, sans “performance”) déposée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et adoptée en juillet 2002 par le Parlement. Serpent de mer du gouvernement, la Loppsi était prévue dans un premier temps pour l’été 2008 puis pour début 2009.
 

Enfin présentée le 27 mai par Michèle Alliot-Marie au Conseil des ministres, elle soulève déjà de nombreuses interrogations. Outre des mesures diverses concernant la sécurité routière ou la réorganisation de la police, le projet de loi fourre-tout s’attaque à des points un peu plus sensibles au niveau des libertés individuelles, concernant la vidéosurveillance (favorisée par des procédures simplifiées) et la cybercriminalité. Sur ce dernier point, le texte prévoit par exemple le blocage, par les fournisseurs d’accès internet (FAI), sans passer par l’éditeur ou l’hébergeur, d’une liste noire de sites et contenus pédopornographiques, arrêtée par le ministère de l’Intérieur. Les FAI encourront même une peine d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende en cas de manquement.

 

Ce premier pas dans le filtrage d’internet (qui casse le principe de neutralité du web) laisse craindre aux plus pessimistes une possible extension à d’autres types de sites. Est également créé un délit d’usurpation d’identité sur internet (y compris sur les sites communautaires), passible de poursuites même si la victime n’a subi aucun dommage financier mais uniquement un préjudice moral. Enfin, les ordinateurs pourront être surveillés via un logiciel espion (captation à distance des données informatiques), sous contrôle d’un juge d’instruction. Ce qui ressemble à une extension au numérique du principe des écoutes téléphoniques, avec une mise en place technique plus compliquée, pose les mêmes problèmes d’éthique, quant à leur utilisation à bon escient. Si ces derniers outils d’investigation sont a priori réservés à la “criminalité la plus grave”, la vigilance reste de mise pour ne pas qu’ils soient étendus à une surveillance généralisée des réseaux.

 

Le projet de loi pourrait être présenté devant les députés pendant l’été, porté par Michèle Alliot-Marie qui, pour rappel, fut l’heureuse gagnante d’un prix Orwell lors des derniers Big Brother Awards en avril, pour l’ensemble de son oeuvre.


Source : Diane Lisarelli et Anne-Claire Norot pour Les Inrocks


la suite : http://antirepression.over-blog.com/article-32228922.html

 


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Publié dans Vent Libertaire 29

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