Le quartier VIP de la prison de la Santé en mal de stars

Publié le par Mailgorn Gouez

Le quartier VIP
de la prison de la Santé
en mal de stars

 


Où est passée la « crème » de la pénitentiaire ? Le fameux « quartier VIP » de la prison de la Santé, à Paris, une particularité du système carcéral français, est aujourd'hui en mal de stars. Depuis la sortie très médiatique de Jérôme Kerviel, le trader le plus célèbre de France, en mars 2008, cette enclave située au premier étage du bloc A de l'établissement, en principe réservée aux « personnalités », n'abrite plus que du menu fretin. Ses 14 cellules individuelles sont certes occupées, mais par des prisonniers « lambda », que l'on préfère séparer de leurs comparses pour des raisons de sécurité, peut constater ces jours-ci le visiteur de passage.

 


Il en a vu passer, des têtes célèbres, ce petit bout de couloir à l'abri de tout regard, qui ne représente qu'une infime partie des 3 hectares de la prison : Alfred Sirven, Bernard Tapie, Jacques Crozemarie, Pierre Botton, Jean-Christophe Mitterrand, Yvan Colonna, Maurice Papon, Samy Naceri et, plus récemment, Michel Mouillot. Mais, malgré la multiplication des affaires politico-financières, c'est un peu le désert du côté de la Santé. « On s'attendait à recevoir le fils de Charles Pasqua [mis en cause pour des détournements de fonds au détriment de la Sofremi et d'Alstom, NDLR], mais son dossier serait, paraît-il, reparti à la Cour européenne des droits de l'homme », soupire un membre de l'administration pénitentiaire.

 


Couloirs fraîchement repeints, horaires du passage du coiffeur affichés à l'entrée, salle de musculation à disposition et services médicaux juste à côté : sans être le grand luxe, le quartier VIP n'a rien à voir avec le commun du « mitard », ses murs décrépis et ses courants d'air. Ses occupants disposent en principe de (petites) cellules individuelles, sauf en cas d'afflux de personnalités, qui obligerait à en caser deux par écrou. Un cas de figure théorique, car, actuellement, la seule prison en activité dans Paris intra muros n'est pas menacée de surpopulation : seuls 562 détenus sont hébergés dans l'ensemble de l'établissement, contre 2.500 environ il y a une dizaine d'années. Régulièrement menacée de fermeture pure et simple, et ce depuis des décennies, la Santé résiste vaillamment aux gardes des Sceaux successifs, mais se dépeuple. Erigés dès 1867 sur les plans des établissements américains de l'époque, ses principaux « blocs » (B, C, D), de plus en plus insalubres faute de travaux, ont été abandonnés il y a peu. Mais, malgré la pression foncière qui risque de la condamner à terme, la prison fonctionne toujours, car le « lobby judiciaire », juges ou avocats, préfère avoir quelques prisonniers « sous la main », pas trop loin du Palais de justice de la Cité. Y compris d'éventuels VIP.

 

Source : Denis Fainsilber pour Les Echos


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Publié dans Vent Libertaire 29

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