Increvables anarchistes - VOLUME 5 - Les années 30

Publié le par Mailgorn Gouez

Increvables anarchistes

 

 VOLUME 5


Les années 30
Libertaires français bulgares et juifs

 







éditions Alternative Libertaire
éditions du Monde Libertaire
 


SOMMAIRE

Note des éditeur

Sébastien Faure

Expérience d'éducation libertaire

L'année syndicale 1924

La Charte du syndicalisme révolutionnaire

1929 - Résolution du Syndicat des correcteurs CGT

Le témoignage d'un gréviste de 36

L'heure du syndicalisme révolutionnaire est arrivée

Les freineurs démasqués

Chez Salmson à Billancourt

Du contrat collectif au contrôle ouvrier

La fin misérable de l'"expérience Blum"

Le mouvement anarchiste bulgare

Le mouvement anarchiste juif

 

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NOTE DES ÉDITEURS

Un printemps en hiver !

Pendant les années trente, en France et en Espagne, le grand vent de l'histoire du mouvement ouvrier et de la révolution sociale a semblé, un instant, souffler dans le sens de l'espoir.
Juin 1936, en France. La grève générale, les occupations d'usines au son du bal musette, le patronat sous la table, la panique des bourgeois la tête dans le cul... Et quelques victoires dont la plus marquante : l'obtention des congés payés...!
Juillet 1936 en Espagne. La grève insurrectionnelle contre le coup d'État franquiste, le peuple en armes taillent en pièces les culottes de peau... L'aspiration libertaire en actes : l'occupation et la socialisation des moyens de production, les collectivisations dans les campagnes, l'autogestion généralisée... !
1936 en...!
Tout semblait possible lors de ces affrontements majeurs entre la classe ouvrière et la bourgeoisie bon chic bon genre ou ses hommes de main fascistes.
Faut-il le préciser, les anarchistes ont joué un rôle de premier plan dans ce possible révolutionnaire. Sans arrières pensées. Avec toujours cette rage de l'unité de classe. Et...
Et ils ont été vaincus. Comme a été vaincue la révolution sociale qui se profilait à l'horizon.
Parce que pour les socialos en tous genres, le danger d'une révolution sociale anti-autoritaire était bien supérieur à celui d'un régime archaïque et autoritaire.
Parce que la bourgeoisie s'est défendue becs et ongles.
Parce que le fascisme brun des Hitler, Mussolini, Franco... a montré de quoi était capable un capitalisme aux abois.
Parce que le fascisme rouge avait pour seul objectif de renforcer le pouvoir d'un seul homme, Staline, et de sa chasse gardée idéologique.
Et parce que l'alliance objective des uns et des autres contre l'aspiration populaire à la révolution sociale fut sans faille.
En France, dans le cadre de la CGT, de la CGT-U et de la CGT-SR, nous avons tout tenté. Le possible et l'impossible. Mais ça n'a pas été suffisant pour empêcher les sociaux-démocrates et les staliniens de confisquer une aspiration révolutionnaire qui pointait son nez... et de l'échanger contre un plat de lentilles.
En Espagne, dans les rangs de la CNT-FAI, nous avons démontré que le peuple en armes pouvait venir à bout du coup d'État fasciste et qu'il était possible de mettre en pratique à grande échelle notre projet de société construit sur les exigences complémentaires de liberté et d'égalité, d'autonomie et de fédéralisme, de socialisation et d'autogestion.
Et pourtant, dans la colonne Durruti ou dans les milices populaires, contre la bourgeoisie, les fascistes bruns ou rouges, nous nous sommes battus comme des lions pour faire triompher ce qui reste encore aujourd'hui comme la plus grande révolution sociale de tous les temps. Mais la guerre (fût-elle révolutionnaire) est-elle vraiment notre terrain de prédilection ?
Le printemps de ces années trente, en s'invitant au grand bal de l'histoire en automne (le stalinisme fut sans doute ce que le mouvement ouvrier a vécu de plus sordide) avait peu de chances d'éviter l'hiver.
L'hiver actuel d'un capitalisme néo-libéral (qui n'en revient toujours pas d'avoir vu son cousin étatique/ bolchevique exploser en vol) permettra-t-il à un nouveau printemps de voguer vers l'été ?
Nos anciens, et leur volontarisme farouche, seraient assurément fâchés que l'on puisse douter de la réponse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Anar

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